Des pièces vraiment brillantes !
Dans la grande ville de Vitebsk, en Russie Blanche, vivaient Rabbi Gabriel et son épouse Hanna-Rivka. Rabbi Gabriel était l’un des plus respectés et des plus riches de la communauté et il venait d’une famille privilégiée. Après la mort de son beau-père, qui était propriétaire d'un grand magasin, Rabbi Gabriel prit sa place et commença à vendre dans le magasin avec un grand succès et vit une bénédiction dans son travail. Parallèlement à cela, il veillait à fixer des horaires d'étude de la Torah dans la synagogue de la ville.
Rabbi Gabriel fut l'un des premiers disciples de l’Admour Azaken, le Baal Atanya, Rabbi Chnéor Zalman, qui vivait à l'époque à Yara. Rabbi Gabriel a eu le privilège de le connaître ainsi que sa grandeur dans la Torah, depuis l'époque où il vivait à Yozna, près de Vitebsk. A Vitebsk en étudiant dans son Bet Amidrach, l'âme de Rabbi Gabriel s'accrocha à lui et il devint son ardent disciple.
Le père et les frères de Rabbi Gabriel faisaient partie des opposants au hassidisme, et la proximité de Rabbi Gabriel avec le hassidisme et avec l’Admour Azaken, cela ne trouvait pas grâce à leurs yeux, et ils commencèrent à se moquer de lui et à le harceler de diverses manières, pour tenter de le convaincre de revenir à ses habitudes. Mais Rabbi Gabriel, qui était un disciple dévoué et fidèle, n’a pas été touché par toutes les persécutions. Il savait que le chemin de la piété était le chemin de la vérité, et il tenait à s'y accrocher à tout prix, par joie pour le grand privilège qu'il avait mérité. Rabbi Gabriel espérait dans son cœur et priait pour que les membres de sa famille puissent eux aussi goûter à la lumière du hassidisme et reconnaître sa vérité.
Mais une chose attristait encore plus Rabbi Gabriel et Hanna-Rivka. Vingt-cinq ans s’était écoulés depuis leur mariage et ils n’avaient toujours pas eu la chance d’avoir d’enfants. Ils avaient fait de nombreuses prières à ce sujet, consulté des médecins experts, mais en vain. Rabbi Gabriel visitait de temps en temps l’Admour Azaken, pour se nourrir de son ombre et entendre de sa part des paroles pieuses. Il connaissait très bien la puissance des bénédictions de son maître, l’Admour Azaken, et savait que beaucoup furent sauvés grâce à ses prières, mais il ne lui vint jamais à l'esprit de raconter au Rabbi ses ennuis. Ni les brimades dont les membres de la famille le taquinaient, et certainement pas qu’il n'avait pas encore eu d'enfants. Il acceptait sa punition avec amour et joie, et sans se plaindre.
L’Admour Azaken collectait des fonds de charité auprès des Hassidimes, pour soutenir les étudiants pauvres et sages de la terre d’Israël et pour racheter les prisonniers ce qui était courant à cette époque, et dans d'autres buts de charité. Rabbi Gabriel, qui était un commerçant prospère se consacrait de toutes ses forces à l'accomplissement de la volonté du Rabbi en étant l’un des chefs de file de ceux qui faisaient la charité. Mais, l’entreprise qui était sa source de revenus a eu des difficultés et a ensuite accumulé des pertes. Désormais, il n'était plus riche du tout. Lors d'une des visites de Rabbi Gabriel chez l’Admour Azaken, le Rabbi se tourna vers lui et, comme d'habitude, demanda qu'il participe à la caisse de charité, pour la mitsva de racheter les prisonniers qui étaient en danger.
Rabbi Gabriel entendit la demande du Rabbi et réfléchit dans son cœur : « Où vais-je trouver une somme aussi élevée ? Après tout, j'ai à peine de quoi vivre pour ma femme et moi'. C'est ce qu'il pensait dans son cœur, mais il n'a pas dit un mot au Rabbi.
Gabriel retourna chez lui et raconta à sa femme les paroles du Rabbi et le montant qu'on lui avait demandé de donner. Sa femme, qui connaissait le dévouement de son mari, envers son maître était habituée à le voir heureux et désireux d'accomplir sa sainte volonté. Mais cette fois, elle remarqua que son mari n'était pas si heureux. Elle vit même un peu d'inquiétude et de tristesse sur son visage.
« Pourquoi t’inquiètes-tu, mon cher mari ? N'es-tu pas heureux de répondre à la demande du Rabbi ? » Rabbi Gabriel ne voulait pas attrister son épouse la tsadékette et il avait essayé de lui cacher la situation, mais maintenant il était obligé de lui révéler la vérité. Il parla à sa femme des grands dommages qu'ils avaient accumulés suite à la persécution. "Pour l'instant", termina tristement ses mots, "je ne vois aucune possibilité d'obtenir la grande somme d'argent que le Rabbi m'a demandée".
Hanna-Rivka écouta attentivement les paroles de son mari, mais lui dit immédiatement : « Mon cher mari ! Après tout, tu m’as répété à plusieurs reprises les paroles du Admour Azaken, selon lesquelles nous devons toujours croire et faire confiance à Hachem, et être joyeux. Et si c’est ainsi, pourquoi es-tu désolé et inquiet ? Hachem nous aidera sûrement, et nous pourrons donner la totalité de la somme, comme l'a demandé le Rabbi ! Rabbi Gabriel entendit les paroles rassurantes de sa femme et son cœur fut rempli de joie et d’espérance.
La femme n’était pas satisfaite de ses paroles et décida de faire un acte courageux. Elle se leva et alla dans la chambre, où elle avait rangé ses bijoux et ses pierres de valeurs, rapidement en emporta plusieurs dans son sac et quitta la maison. Au bout de quelques instants, elle revint avec une bourse pleine d’argent à la main, qu'elle tendit à son mari surpris. « Voilà mon cher mari. J'ai vendu mes bijoux à la bijouterie du centre-ville, et en retour j'ai reçu la totalité de la somme. Nous pouvons désormais accomplir les paroles du Rabbi, exactement comme il l’a demandé. Je t’en prie dépêche-toi d'aller remettre l'argent au Rabbi ! »
Rabbi Gabriel, était extrêmement heureux. Il appréciait beaucoup l'immense dévouement de son épouse. Il pensa d'abord attendre l'arrivée du messager du Rabbi, qui parcourait les habitations pour recueillir l'argent de l'aumône et lui remettre, mais finalement il décida de se dépêcher et d'aller lui-même avec l'argent chez le Rabbi, comme lui avait conseillé sa femme. Il eut peur que si la somme restait entre ses mains, il soit tenté de l'utiliser pour rembourser ses dettes.
Rabbi Gabriel alla chez le Rabbi et dès qu’il arriva, il entra en entretien privé. Il déposa la bourse d'argent sur la table. Le Rabbi accepta avec une bénédiction et lui ordonna d'ouvrir le paquet devant lui et de compter les pièces. Rabbi Gabriel commença à retirer les pièces du paquet et les posa sur la table. Pour la plupart, les pièces étaient particulièrement brillantes et lumineuse, comme si elles venaient de sortir de la fonderie.
Le Rabbi s'appuya un moment sur ses bras, comme il le faisait lorsqu'il réfléchissait et contemplait quelque chose de profond, puis il releva la tête et regarda Rabbi Gabriel, et dit :
« La contribution du tabernacle était de l'or, de l'argent et du cuivre. De tous les ustensiles en métal précieux, rien ne brillait, si ce n'est les « miroirs de cuivre », que les femmes d'Israël utilisaient en Égypte et avec lesquels ont avait fabriqué la fontaine. La fontaine apparaît en dernier dans la Torah dans la liste des ustensiles, cependant, c'est le premier ustensile qui était utilisé quotidiennement dans le tabernacle. Le Rabbi termina ses paroles et regarda profondément Rabbi Gabriel en lui demandant : « Où avez-vous trouvé cet argent ? »
Rabbi Gabriel lui raconta tous les événements de la dernière période : la persécution des membres de sa famille qui a avaient aggravé sa situation financière, sa crainte pour répondre à la demande du Rabbi, l'acte miraculeux accompli par sa femme, qui avait vendu ses bijoux, et pour l'avoir empressé d'apporter l'argent tout seul.
Le Rabbi entra de nouveau dans ses pensées en s'appuyant sur ses mains, puis releva la tête et dit avec joie : « Le décret a été annulé ! Désormais, hachem vous donnera, à vous et à votre femme des fils et filles, et une longue vie, pour voir plusieurs générations. Et en plus, Hachem vous apportera le succès partout où vous vous tournez, la richesse et la grâce aux yeux de tous ceux qui vous voient. Le Rabbi termina sa bénédiction et dit : « Fermez votre boutique et commencez à faire le commerce des pierres précieuses. »
Heureux et bienveillant, le Hassid retourna chez lui et raconta à sa femme toutes les paroles du Rabbi, les merveilleuses bénédictions qu'il leur avait données et l'instruction de commencer à faire du commerce de pierres précieuses. Puis il lui demanda avec étonnement : « Mais, dis-moi, comment se fait-il que les pièces brillaient autant ? »
« Lorsque les pièces sont arrivées entre mes mains », a répondu sa femme, « j'ai pensé que le don devait être complet et beau. Et c'est pourquoi j'ai frotté les pièces avec du sable, jusqu'à ce qu'elles brillent et scintillent comme les étoiles du ciel. Dans mon cœur, j'ai prié pour que Hachem ait pitié de nous, que le Rabbi dans sa sainteté nous bénisse, afin que notre mazal puisse aussi briller et être lumineux.
Rabbi Gabriel comprit que grâce à la droiture de sa femme et au don qu’elle avait fait de tout son cœur pour la charité, ils auraient la chance d'avoir un avenir radieux.
Rabbi Gabriel ferma en effet sa boutique et se lança dans le commerce des diamants. Le succès éclairait son visage et il était favorisé aux yeux des nobles propriétaires des domaines environnants, qui étaient ses clients réguliers. Son nom fut également publié parmi les ministres du gouvernement et son commerce se développa de jour en jour. Ses mauvais jours d’antan étaient complètement oublié.
Après environ un an, la joie de Rabbi Gabriel et de son épouse n’eut pas de limite, à la naissance de leur fils premier-né, qu’ils nommèrent Haïm.
Quelques années plus tard, Rabbi Gabriel transféra son entreprise à ses fils, et lui-même se tourna vers le repos dans l’étude de la Torah et dans la prière. Avec sa femme merveilleuse, il a ouvert sa maison pour accueillir tous ceux qui étaient de passage dans leur ville.
Grâce à tout cela, Rabbi Gabriel reçut le surnom de « Rabbi Gabriel qui a de la grâce ».
Rabbi Gabriel et sa femme vécurent de très longues journées. Il mourut avec une bonne réputation, étant un très vieil homme de cent dix ans, et deux ans après lui, sa femme mourut.
C'est ainsi que toutes les bénédictions et saintes promesses du Admour Azaken se sont accomplie.
Chers enfants ! De cette merveilleuse histoire, nous apprenons le grand pouvoir de faire la charité avec un bon œil et de tout son cœur, et l'importance particulière d'être à la hauteur des paroles des tsadikimes avec une totale émouna. C’est ainsi que nous mériterons d’être bénis de toutes les bénédictions et de trouver grâce aux yeux d’Hachem Itbarah et des hommes.