L’étincelle de Yom Kippour
Bonjour les enfants, aujourd’hui, nous allons raconter une histoire en rapport avec le grand jour solennel de Yom Kippour.
Le jour où Hachem pardonne le peuple d’Israël.
Rav Nosson Gourary est né à New York en 1946. Tout au long de son enfance, il a grandi dans l’atmosphère du 770 dans les premières années de la direction du mouvement Habad par le Rabbi de Loubavitch.
Rav Gourary raconte qu’après son mariage et l’entrée au collel, il a écrit au Rabbi pour lui demander de devenir un émissaire Habad. A la fin des années soixante l’ambiance
était à la liberté de faire tout et n’importe quoi aux États-Unis et en particulier sur le campus des universités. À l’université de l’état de Buffalo, à New York, il y a eu de violentes manifestations contre la guerre du Vietnam, des bombes ont même explosé à l’université. La culture hippie et la drogue étaient très populaires à cette époque.
De nombreux étudiants de l’université de Buffalo étaient juifs et étaient la cible d’autres religions qui dominaient sur le campus. Certaines personnes de la communauté ont demandé un émissaire pour les aider à lutter contre l’assimilation pour ne pas quitter le judaïsme.
On m’a assigné comme émissaire du campus. Il est difficile de décrire le choc que j’ai vécu, en tant que jeune marié, élève protégé dans un collel, en installant un Bet Habad dans le campus dans les années soixante. J’ai installé aussi un stand pour la mise des téfilines à l’extérieur, mais je voulais m’assurer d’être remarqué. J’ai eu l’idée de mettre de la musique hassidique, une grande photo de l’Admour Azaken, afin d’être repérable de loin par les juifs du campus. J’avais aussi un Choffar et d’autres objets de culte qui éveillaient la curiosité. Cela a vraiment attiré l’attention. Vu que tout était accepté à cette époque, je n’ai pas eu de mal à me faire très vite une place sur le campus. J’ai mis
d’énormes affiches à l’entrée de l’université : POT à vendre et en petits mots «mets tes téfilines»; LSD et en petits mots «commençons la journée correctement». Les noms de drogues écrits en gros ont eu pour effet d’attirer l’attention de nombreuses personnes. Les gens venaient au stand et au Bet Habad et nous discutions de religion, je mettais les téfilines aux hommes et faisait connaître leurs racines aux femmes et ainsi
de suite.
Une année, Yom Kippour tombait début septembre, au début du semestre. Cette année-là, j’ai lutté pour réunir un minyan pour les offices de Yom Kippour. La synagogue était
comme une porte tournante ce jour-là. Au moment où j’ai trouvé le dixième homme, plusieurs autres hommes avaient déjà quitté les lieux. Maintenant, nous arrivions à l’office de Néïla, la clôture de ce jour saint, le moment le plus saint de
Yom Kippour et nous n’étions pas minyan. Comment ne pas avoir minyan pour clôturer Kippour ?
J’ai imploré les huit étudiants (autres que moi-même) de ne pas quitter la synagogue et
je suis parti trouver un dixième juif. Je dois avouer que j’étais au bord du désespoir. Avec mes forces restantes, enveloppé dans mon Talit et mon Kittel, je me suis aventuré dans le
dernier endroit où je n’avais pas encore osé entrer de l’université. Je suis allé
à la cafétéria de l’université, le Yom Kippour lui-même, espérant trouver un autre juif pour compléter notre minyan. La tête battante à cause du jeûne, je me suis approché d’un jeune homme qui avait l’air d’un juif et qui était complètement absorbé par son repas. Je lui ai dit : «Hag Saméah, es-tu juif c’est Yom Kippour ?» Il m’a répondu : «Oui, ma mère est juive, mais qu’est-ce que Yom Kippour ?» Je lui ai dit alors : «Écoute, dans
ce cas, huit autres étudiants juifs et moi-même attendent que tu viennes réciter avec nous la prière la plus sainte de l’année. Nous avons désespérément besoin de ton aide. Tout ce que tu auras à faire, c’est d’être dans la pièce». L’étudiant, pris de sympathie
pour moi, était heureux de m’aider et m’a dit : «OK, j’arrive dans une dizaine de minutes. Voyez-vous, ce soir, ils ont servi mon plat préféré. Je n’ai pas mangé ce plat depuis très longtemps. Je viendrai dès que j’aurai fini de manger».
J’ai essayé de le persuader avec de nombreux arguments mais cela n’a servi à rien. Le jeune homme a continué à manger. N’ayant pas le choix, je me suis assis à une table voisine et j’ai attendu calmement qu’il finisse son repas. J’ai regardé par la fenêtre pendant que le soleil descendait de plus en plus bas. Dans quelques minutes il serait trop tard. Après avoir nettoyé son assiette, il m’a annoncé : «Je suis prêt à vous suivre». Barouh Hachem, malgré l’attente interminable, les autres étudiants attendaient encore là et nous avons pu conclure Yom Kippour avec une magnifique prière de
Néïla, comme je n’en avais jamais connu auparavant.
De cette expérience de Néïla une étincelle a été allumée dans l’âme de ce jeune homme. Il est revenu au Bet Habad encore et encore. Nous sommes devenus proches, et avec le
temps il est devenu un Baal téchouva complet. Il s’est marié et a construit une maison juive dont n’importe qui serait fier. Plusieurs de ses grands enfants sont aujourd’hui des émissaires du Rabbi.